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Un
espace qui changerait tout !
Aujourd'hui
à Paris, peut-on aller dans un lieu arménien avec des amis, qui ne le sont pas
forcément, et de ressortir de là sans avoir l'impression de leur avoir fait découvrir
combien l'arménien peut être ringard, surtout au niveau de la musique. Un tel
lieu, même en région parisienne, je n'en connais pas. Si vous pensez le
contraire, n'hésitez pas à me donner des adresses. Un lieu où l’on pourrait
écouter de la bonne musique arménienne, voir des artistes sur scène, découvrir
des jeunes talents. Un lieu où même la déco serait arménienne ; ou plutôt
« néo-diasporico-arménienne » ! Un lieu qui représenterait tous
ceux qui ont un lien avec l'arménité mais qui habite depuis des années en
France. Un lieu qui aurait cette distinction spécifique de la multi-culture que
nous avons en nous. Au delà des arméniens nés en France, je pense à tous
ceux qui sont nés au Liban, en Turquie... en Arménie. Mais ils sont là ; à
Paris, à Marseille... à Lyon. Et c’est bien ça que nous défendons, que
chaque artiste s'exprime en utilisant toutes les facettes que composent son être.
Il y a beaucoup
d'artistes d'origine arménienne en France et surtout des jeunes qui ne
cherchent q'une chose : se produire sur scène et se prouver de leur talent. Que
propose t'on aujourd'hui à tous ces artistes et surtout quelle éducation
artistique la communauté arménienne de France a pu donner à ses enfants. Des
jeunes qui vacillent entre deux cultures : la première qu'ils connaissent bien,
grâce à la rue et les médias français (ça vaut ce que ça vaut !) et la
seconde qu'ils ne connaissent, dans le meilleur des cas, qu'à travers France-Arménie, Les Nouvelles d'Arménie,
Radio Ayp... et ça vaut ce que ça vaut, aussi ! Malheureusement, le
constat est là : les jeunes arméniens, voire les moins jeunes, ne connaissent
pas grand chose de leur culture. Je ne veux pas dénigrer là, le travail des
associations arméniennes de France. Ce travail qu'ils font bien. Cependant, les
jeunes ne sont pas trop attirés par les structures arméniennes, ils sont déjà
difficilement attirés par leur arménité.
Il faut redonner des valeurs à notre arménité. Créer des lieux où les hays
pourraient venir avec leurs copains et copines français, beurs, blacks… en
toute tranquillité, voire avec fierté de faire découvrir cet endroit à leurs
potes. C’est peut-être cet espace qui deviendra leur culture de la rue... arménienne.
L'association
Japel qui prône depuis 17 ans la diffusion artistique arménienne en France,
se
propose de combler ce vide. L’expérience et le travail de toutes ses années
nous donne aujourd’hui l’infrastructure nécessaire pour gérer ce fameux
lieu qui nous permettra de créer avec harmonie les trois espaces que sont
l’instant, le pays et l’origine.
Malgré tout ça, il nous manque encore un espace, celui qui est le plus dur…
le plus dure dans sa matière qui serait la pierre ou le fer. Cet espace là,
c'est tout simplement un
local. C’est pour cela que JAPEL lance cet appel.
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Patrick
Papazian
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